Petite Enfance - RV avec Conseiller technique de Philippe Bas

Une avancée qui mérite de se poursuivre

Compte rendu de la réunion du 07 décembre 2006

La refonte du décret N° 2000-762 du 1er août 2000, relatif aux établissements d’accueil des enfants de moins de 6 ans est un sujet préoccupant pour les psychomotriciens. Pour traiter ce sujet délicat, sur lequel la FFP avance bien, nous avons associé nos collègues du Collectif Bordelais à notre démarche.

La compétence des psychomotriciens, telle que définie par le décret 88-659 du 6 mai 1988 et attestée par le diplôme d’Etat et son programme d’études montre la parfaite aptitude des psychomotriciens à assurer les fonctions d’encadrement ou de direction dans un établissement recevant des enfants de moins de 6 ans. Ceci d’autant plus que la loi n°2005-102 du 11 février 2005 prévoit la prise en charge du handicap dans toutes ces institutions.

Nous sommes un grand nombre à travailler auprès d’enfants de moins de 6 ans, (CAMPS, PMI, hôpitaux, crèches, haltes-garderies …). Notre qualification pour « l’éducation précoce et la stimulation psychomotrices » nous y a bien préparé. Nos jeunes collègues en apportent souvent la preuve en développant leurs talents avec réussite pour la santé et le bien être des enfants dans des établissements d’accueil d’enfants de moins de 6 ans.

Malheureusement, des verrous, comme le décret 2000-762, excluent les psychomotriciens de toute perspective d’évolution de carrière dans ces établissements (ce qui n’était pas le cas jusqu’en 2000) et, plus généralement, au sein des métiers de la petite enfance.

C’est pourquoi, après leur récente rencontre avec le conseiller du Premier Ministre, la FFP et le Collectif Bordelais ont été longuement reçus par Madame Dauphinelle CLEMENT, Conseillère Technique de Monsieur Philippe BAS, Ministre délégué à la Sécurité sociale, aux Personnes âgées, aux Personnes handicapées et à la Famille.

Un pas a été fait : dans le projet de décret, qui nous a été présenté, il est inscrit que les psychomotriciens font partie de l’encadrement des enfants, et qu’il leur est possible d’accéder à la direction des établissements de moins de 20 places.
Par ailleurs, Madame Dauphinelle CLEMENT nous a demandé de collaborer à la rédaction du guide qui accompagnera la parution du prochain décret, et dans lequel les modalités d’application seront précisées.

Malgré cette avancée, les imperfections notables qui subsistent dans ce projet, ainsi que les propos qui nous ont été tenus, reflètent une grave méconnaissance de notre profession.
Ainsi :
- Il a été envisagé par le Conseiller Technique de faire passer les psychomotriciens par la procédure de la Validation des Acquis pour leur donner accès à la direction de certains des établissements accueillant des enfants de moins de 6 ans !

- Le projet de décret actuel restreint l’accès normal des psychomotriciens à la direction des établissements de moins de moins de 20 places (qui ne représentent qu’une minorité de ce type d’établissements).

- Pour les établissements de 21 à 40 places, les psychomotriciens ne peuvent en assurer la direction qu’à la condition d’avoir déjà eu sur une période d’au moins 5 ans la direction ou la responsabilité technique d’un établissement semblable. Cette proposition n’est pas claire.

- Quant à la direction d’établissements de plus de 40 places, les psychomotriciens en sont exclus alors que les Educatrices de Jeunes Enfants peuvent y accéder, sous conditions bien sûr.

Ces dispositions, inacceptables pour les psychomotriciens, sont en opposition avec les propos tenus par Monsieur Philippe BAS, dans son dossier de presse du 7 novembre dernier, annonçant que « désormais la direction des établissements sera accessible aux psychomotriciens ».

D’autre rendez vous sont encore programmés dans les prochains jours, dont nous ne manquerons pas de vous tenir informés, et qui devront nous permettre de renforcer notre position sur l’importance que doivent avoir les psychomotriciens au sein des établissements qui accueillent de jeunes enfants.

Pour conclure il est heureux que la FFP et le Collectif aient pu organisé ce lobbying interne. Car dans le cas contraire tout au plus aurions nous été considéré comme des aides des équipes.
Mais il reste encore beaucoup de travail et nous devons rester mobilisé

Alexandre Prouteau